Hollywood mise sur Monaco pour le préquel d’Ocean’s Eleven
Voilà l’une des annonces les plus attendues par les aficionados de la saga Ocean’s : Margot Robbie a officiellement révélé, lors du CinemaCon, le cadre du préquel d’Ocean’s Eleven. Et force est de constater que l’actrice et productrice australienne a choisi un décor à la hauteur de ses ambitions — un décor grandiose. Le film prendra pour toile de fond le Grand Prix de Monaco en 1962, l’une des épreuves les plus emblématiques et chargées d’histoire du calendrier de la Formule 1.
Lors d’une présentation vidéo du catalogue Warner Bros. pour 2027, à l’occasion du CinemaCon, Robbie a évoqué le projet en ces termes : « Avant que Danny Ocean ne pose le pied à Las Vegas, deux génies lui ont tout enseigné — ses parents. Vous les découvrirez à leur apogée, dans notre nouveau film, en train de perpétrer un casse audacieux lors du Grand Prix de Monaco 1962. »
Une révélation qui ne manquera pas de susciter l’enthousiasme des cinéphiles comme des passionnés de Formule 1.
Les parents de Danny Ocean, nouveaux protagonistes de la franchise
Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, le préquel ne mettra pas en scène Danny Ocean lui-même — ce personnage charismatique incarné par George Clooney dans le film de Steven Soderbergh, sorti en 2001 —, mais bien ses parents. Margot Robbie interprétera la mère, tandis que Bradley Cooper campera le père, deux cerveaux hors pair qui auraient transmis à leur fils l’art du braquage à grande échelle.
L’idée n’est pas née d’hier dans les coulisses hollywoodiennes. Dès décembre 2023, des sources proches de la production avaient laissé entendre que les personnages incarnés par Robbie et son partenaire masculin seraient les géniteurs de Danny et Debbie Ocean. George Clooney, quant à lui, avait réagi avec humour à cette annonce : « Margot Robbie est ma mère ? Je l’ai toujours su. Et Ryan Gosling est mon père. Quand on y réfléchit, tout s’explique. Vraiment. »
Le tournage est prévu à Monaco durant l’été 2026, avec une sortie attendue en 2027.
Un projet semé d’embûches qui trouve enfin sa voie
La genèse de ce préquel n’a pas été un long fleuve tranquille. Annoncé en août 2022 par Warner Bros., le film a connu plusieurs rebondissements. Ryan Gosling, initialement pressenti pour donner la réplique à Margot Robbie après leur collaboration sur Barbie (2023), a finalement dû se retirer en raison de conflits d’emploi du temps.
Côté réalisation, Lee Isaac Chung — connu pour Minari — avait été annoncé en juillet 2025 avant de quitter le projet en mars 2026 pour des divergences créatives. Un porte-parole de Warner Bros. avait alors évoqué « une séparation à l’amiable ». Jay Roach avait également été approché à un moment donné. C’est finalement Bradley Cooper qui a repris les rênes, avec l’ambition d’écrire et de réaliser le film en plus d’y tenir un rôle.
Matthew Belloni, de Deadline, avait révélé la nouvelle : « Bradley Cooper est désormais le choix privilégié pour écrire et réaliser le préquel d’Ocean’s Eleven pour Warner Bros. Il partagerait également l’affiche avec Margot Robbie. Aucun accord n’a encore été signé, mais l’objectif est de tourner cette année. »
Le scénario, quant à lui, est confié à Carrie Solomon, scénariste du film Netflix A Family Affair (2024). Par ailleurs, selon certaines rumeurs, Benicio del Toro serait en négociations pour rejoindre le casting.
Monaco 1962 : un écrin mythique pour la Formule 1 et le septième art
Le choix du Grand Prix de Monaco 1962 comme décor n’a rien d’anodin. La Principauté et son circuit légendaire incarnent depuis toujours un symbole de glamour, de luxe et de danger — un cadre idéal pour un casse à la manière d’Ocean’s. Jay Roach, l’un des premiers réalisateurs attachés au projet, avait d’ailleurs décrit sa vision initiale : « Le Grand Prix de Monaco sert de décor, et il y a un grand armateur célèbre avec un yacht. Ce ne sera pas donné. Je voulais quelque chose de rétro. Margot m’a proposé une sorte d’épopée amoureuse déguisée en casse. »
Le lien entre Monaco et le cinéma est profondément ancré dans la culture populaire. Le film Grand Prix (1966) de John Frankenheimer reste l’une des premières œuvres à avoir filmé des scènes réalistes en Formule 1, notamment grâce à des caméras embarquées à bord de véritables monoplaces lors de la saison 1966. Cette tradition cinématographique autour du Grand Prix de Monaco s’est perpétuée jusqu’à des productions récentes, comme le film F1 avec Brad Pitt.
Le choix de l’année 1962 renvoie également à une époque dorée de la Formule 1, celle des pilotes légendaires comme Jim Clark, Graham Hill ou Phil Hill, qui pilotaient des voitures ouvertes, sans harnais modernes, sur un circuit monégasque inchangé depuis des décennies.
Margot Robbie, la productrice qui redéfinit les règles à Hollywood
Au-delà de son talent d’actrice, c’est en tant que productrice et force créative que Margot Robbie s’impose sur ce projet. Elle le produit via sa société LuckyChap Entertainment, fondée en 2014 avec Tom Ackerley, Josey McNamara et Sophia Kerr.
LuckyChap s’est forgé une solide réputation avec des productions telles que I, Tonya (2017), Promising Young Woman (2020), Maid (2021), Saltburn (2023) et surtout Barbie (2023), qui a engrangé plus de 1,4 milliard de dollars au box-office mondial, devenant ainsi le film le plus rentable de l’année et la production la plus lucrative de la société à ce jour.
Ce succès retentissant positionne Robbie comme l’une des productrices les plus influentes d’Hollywood, capable de mobiliser des investissements colossaux pour des projets ambitieux. La société se présente comme un acteur déterminé à « combler le vide causé par les inégalités de genre dans l’industrie, en particulier en matière de scénaristes et de réalisatrices ».
Une ambition d’autant plus pertinente qu’une étude de l’UCLA, publiée en mars 2026, révèle que seulement 10,1 % des 109 films les plus rentables de 2025 ont été réalisés par des femmes — le chiffre le plus bas depuis 2018.
Une franchise en perpétuelle réinvention
La saga Ocean’s jouit d’une longévité remarquable. Tout a commencé avec le film original du Rat Pack en 1960, avant que Steven Soderbergh ne la réinvente avec brio en 2001 avec Ocean’s Eleven — plus de 400 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget de 85 millions —, suivi de Ocean’s Twelve (2004) et Ocean’s Thirteen (2007).
En 2018, le spin-off Ocean’s 8, porté par un casting 100 % féminin avec Sandra Bullock, Cate Blanchett et Anne Hathaway, avait établi un record d’ouverture pour la franchise avec 41,5 millions de dollars de recettes aux États-Unis lors de son premier week-end. Un précédent qui prouve que renouveler la saga en mettant les femmes au premier plan est non seulement possible, mais aussi rentable.
Parallèlement, George Clooney travaillerait de son côté sur une nouvelle suite de la trilogie originale, avec Julia Roberts, Matt Damon, Brad Pitt et Don Cheadle. La franchise Ocean’s n’a donc pas fini de nous surprendre.
Pour les amateurs de Formule 1, l’idée de voir Monaco reconstitué en 1962, à une époque où le sport automobile alliait primitivisme et splendeur, promet un spectacle visuel inédit. Une nouvelle occasion, après le film F1 avec Brad Pitt, de voir la discipline reine du sport mécanique briller sur grand écran.






