Un cadeau de pilote de Formule 1 pour un futur espoir des circuits
Lorsqu’un frère évolue en Formule 1, les présents de fin d’année prennent une dimension singulière. Ollie Bearman, pilote Haas âgé de vingt ans, en a offert une preuve éclatante en révélant, lors du podcast Up To Speed, le présent qu’il a choisi pour son frère Thomas à l’occasion des fêtes : une Fiat Topolino électrique, entièrement personnalisée.
Ce cadeau, à la fois original et mûrement réfléchi, témoigne d’une attention particulière. Thomas Bearman, âgé de seize ans, ne possède pas encore son permis de conduire traditionnel. Qu’à cela ne tienne : son aîné a trouvé une solution astucieuse, s’appuyant sur une connaissance approfondie des réglementations européennes qui ferait pâlir plus d’un juriste.
« La porte ? Une simple corde » — Bearman décrit son choix
Au cours du podcast, Bearman a décrit le véhicule avec un enthousiasme contagieux : « Non, il est encore trop jeune. Il a seize ans. Mais en réalité, je lui ai offert une petite voiture pour Noël, car en France et à Monaco, il est possible de conduire certains types de véhicules dès cet âge. Je l’ai donc fait peindre aux couleurs de son logo. Il s’agit d’une Fiat Topolino, et la porte se résume à une corde. Conçue pour la plage, elle permet de se garer où bon lui semble. Il en est ravi. »
La Fiat Topolino est un quadricycle léger 100 % électrique, homologué dans la catégorie L6e. À mi-chemin entre le scooter et la citadine, ce véhicule se distingue par ses deux places, sa carrosserie en plastique thermoplastique renforcé de fibre de verre et une vitesse maximale limitée à 45 km/h. Son moteur développe 6 kW, avec des pointes à 9 kW lors des accélérations, pour un poids total de 487 kg seulement. Équipée d’une batterie de 5,4 kWh, elle offre une autonomie réelle de 75 km, suffisante pour les trajets quotidiens. La recharge s’effectue sur une prise domestique standard 220 V en moins de quatre heures.
Son prix de départ, fixé à 8 890 €, en fait un cadeau accessible, même à l’aune des salaires de la Formule 1. Son design, inspiré de la dolce vita italienne, séduit par son tableau de bord « Dolcevita Box », ses portes s’ouvrant en sens inverse et, surtout, cette sangle en guise de poignée intérieure, ajoutant une touche d’originalité.
Dès seize ans en France et à Monaco : ce que prévoit la réglementation
Le choix de Bearman ne doit rien au hasard. Il révèle une maîtrise fine des subtilités légales. En France, la Topolino entre dans la catégorie des quadricycles légers (L6eB), accessible dès quatorze ans avec le permis AM pour les personnes nées avant le 1er janvier 1988. Pour les conducteurs nés après cette date — ce qui est le cas de Thomas —, l’âge minimal est fixé à seize ans, sous réserve de l’obtention du BSR option « quadricycle léger » : une formation théorique suivie de cinq heures de pratique, sans examen final.
À Monaco, où réside la famille Bearman, la réglementation est similaire : les adolescents de seize ans peuvent légalement conduire ce type de véhicule. La Topolino est autorisée à circuler sur l’ensemble du réseau routier, à l’exception des voies rapides et des autoroutes. De quoi arpenter les rues de la Principauté en toute légalité.
En Europe, ce modèle connaît un succès croissant : en 2025, il a conquis 20 % du marché des quadricycles électriques, rivalisant directement avec la Citroën AMI.
Thomas Bearman, un frère sur les traces de son aîné
Derrière ce présent se cache une dimension familiale touchante. Thomas Bearman, né en 2009, est lui-même un jeune pilote prometteur. En 2025, il a disputé le championnat britannique de F4 avec Hitech GP, où il a décroché un podium dès sa première saison complète. Pour 2026, il a rejoint une nouvelle écurie afin de poursuivre son ascension en monoplace.
Ollie a évoqué, lors du podcast, la pression qu’il ressent en voyant son cadet suivre ses pas vers la Formule 1. Une relation fraternelle intense, forgée au fil des week-ends passés sur les circuits depuis leur plus tendre enfance.
La famille Bearman, dont le père est fondateur et PDG du groupe d’assurances Aventum, a transmis à ses enfants une passion indéniable pour la compétition. Leur sœur cadette, Amelia, s’illustre quant à elle dans le saut d’obstacles équestre.
Bearman en 2026 : une ascension fulgurante
Cette initiative médiatique intervient alors qu’Ollie Bearman traverse l’une des périodes les plus prometteuses de sa jeune carrière. Après une saison rookie 2025 très solide avec Haas — 41 points inscrits, une 13ᵉ place au championnat, son meilleur résultat avec une 4ᵉ place à Mexico City, et des performances supérieures à celles de son coéquipier Esteban Ocon —, le Britannique aborde la saison 2026 avec brio.
En trois courses, il a déjà accumulé 17 points : une 7ᵉ place en Australie, un point en Sprint et une 5ᵉ place en Chine, malgré un abandon au Japon à la suite d’un accident spectaculaire à Suzuka, imputable à l’écart de vitesse généré par les nouvelles réglementations 2026. Il occupe actuellement la 7ᵉ place du championnat du monde des pilotes.
Lors du même podcast, Bearman avait d’ailleurs commenté l’incident japonais : « C’est la première fois dans l’histoire récente que deux voitures en lutte pour une position affichent un tel écart de vitesse. C’est vraiment un effet malheureux de ces réglementations. L’écart atteignait 50 km/h. » La FIA a depuis adopté plusieurs ajustements réglementaires pour corriger ces déséquilibres.
Un avenir qui pourrait s’écrire chez Ferrari ?
Ces performances remarquables font de Bearman l’une des révélations de ce début de saison 2026. Elles alimentent également les spéculations quant à un éventuel transfert chez Ferrari en 2027, une hypothèse soutenue par Guenther Steiner lui-même : « Pour lui, la porte de Ferrari devrait s’ouvrir en 2027. »
Membre de la Ferrari Driver Academy depuis 2021, Bearman n’a jamais caché son ambition : « C’est bien sûr mon objectif, compte tenu de la confiance qu’ils m’ont accordée en m’intégrant à leur académie et en investissant autant en moi, de la F3 à la Formule 1 », a-t-il confié lors de l’émission.
En attendant ce tournant potentiel de sa carrière, Ollie Bearman veille à chérir ce qui compte le plus : sa famille. Et si un petit véhicule électrique personnalisé, conçu pour les escapades balnéaires, peut illuminer le quotidien de son frère, alors cette victoire-là n’a pas de prix.






