Un incident, deux versions, un silence assourdissant
Cinq semaines après le Grand Prix du Japon 2026, la plaie est loin d’être refermée. L’accrochage entre Franco Colapinto (Alpine) et Oliver Bearman (Haas) au vingt-deuxième tour de Suzuka continue de diviser, et le week-end de Miami a ravivé les tensions. Le pilote argentin a clairement fait savoir qu’il n’était guère satisfait de la réaction de son adversaire britannique — tant publiquement qu’en coulisses.
À l’origine des faits : un différentiel de vitesse vertigineux, de l’ordre de 45 à 50 km/h, induit par le nouveau système de boost électrique du règlement 2026. Ce dernier a transformé une situation de course banale en une collision évitée de justesse, et en un impact de 50G contre le mur de Spoon pour Bearman.
Ce qui s’est passé à Suzuka
Au vingt-deuxième tour, Bearman remontait rapidement sur Colapinto en exploitant son déploiement électrique maximal. L’Alpine de Colapinto, en phase de récupération d’énergie, roulait à environ 170 km/h, tandis que la Haas approchait à près de 260 km/h. En une fraction de seconde, l’écart d’une seconde entre les deux monoplaces s’est volatilisé.
Colapinto, se décrivant comme une « cible immobile », a aperçu Bearman dans ses rétroviseurs et a effectué un léger mouvement vers la gauche. Trop tard pour Bearman : même minime, ce décalage, à une telle vitesse, était potentiellement catastrophique. Le Britannique a réussi à éviter la collision frontale, mais a perdu le contrôle de sa voiture, finissant sa course dans les graviers.
Bearman a quitté son cockpit en boitant, diagnostiqué avec une contusion au genou droit — sans fracture, mais suffisamment douloureuse pour que sa participation aux épreuves suivantes reste incertaine pendant plusieurs jours.
Bearman accuse, Colapinto réplique
Début avril, Bearman s’est exprimé sans détour dans le podcast Up to Speed :
« C’est la première fois de l’histoire — ou du moins, à ma connaissance — que deux voitures en lutte pour la même position affichent une telle différence de vitesse. Avec ces 50 km/h d’écart, Franco s’est placé devant moi pour défendre sa position. L’an dernier, avec 5 ou 10 km/h de différence, cela aurait peut-être été limite, mais acceptable. Là, il ne m’a pas laissé suffisamment d’espace, et j’ai dû éviter un accident bien plus grave. »
Visiblement irrité, il a ajouté : « Il faut régler ce problème entre pilotes et faire preuve de davantage de respect mutuel. J’étais vraiment mécontent de sa manœuvre. »
La frustration de Bearman était d’autant plus vive que le sujet avait précisément été évoqué lors de la réunion des pilotes le vendredi : « Nous nous étions mis d’accord pour nous respecter davantage, défendre nos positions plus tôt, car les écarts de vitesse sont bien plus importants que tout ce que nous avons connu jusqu’ici dans ce sport. »






